NON je ne tournerai pas bourrique !

Mais j’ai bien failli, il est vrai qu’on commence tous à avoir cette fâcheuse tendance des qu’on a affaire à l’administration française. Je vais donc vous conter mes péripéties récentes ou plutôt les démêlés que j’ai eues avec l’AFPA (association de fromage puant agrée) et l’ANPE (agence nationale prête ? l’embaumement).

Tout commence un beau matin d’hiver Franc-comtois, je fais des recherches sur la toile pour me trouver un job ou une formation et oh miracle j’aperçois une formation qui me correspondrait bien, qui me plairait, qui débute en septembre et qui en plus se trouve près de l'endroit ou je vais déménager ! Je me dis chouette ! , pour une fois j'ai le profil qui convient, je m'y prends assez tôt. Je décroche mon téléphone et j'appelle l'Afpa de Saint-Brieuc puisque c'est là que ?a se passe. C'est parfait, je suis enchantée, c'est très facile de faire les démarches, je peux même m'occuper de tout depuis ici, ils peuvent me faire passer l'entretien puis les tests à Besançon. De plus en plus enchantée que pour une fois les démarches sont simples, je loue les merveilles de cet organisme de formation.

Les démarches sont les suivantes : Anpe pour valider un projet de formation, puis RDV avec L'afpa. Après 2 h30 d'attente à l'ANPE j'expose le but de ma venue au conseiller (oups pardon à la momie qui me reçoit) et pour que vous suiviez ce qui m'est arrivé ensuite je vais enfin vous dévoiler pour quelle formation je venais. Alors, façon dialogue :

Moi : Je viens pour valider un projet de formation, j’ai trouvé une formation de formateur professionnel d'adultes, j’ai pris contact avec l'Afpa et ils m'ont dit de venir vous trouver pour valider le projet. ?

Lui, ouvre mon dossier sur son ordi, voit que j’ai 5 ans d'expérience en tant que prof d'Anglais à l’éducation nationale et me remplit un papier officiel pour valider le projet, mais comme il est midi passé il ne peut pas appeler l’afpa pour prendre mon rdv (c’est comme ça qu’il faut faire normalement), précise sur la feuille que c’est à moi de prendre contact. Je prends donc contact et on me donne rdv 3 semaines plus tard dans les locaux de l’afpa, il faudra que j’apporte le fameux papier + un CV.

Le jour J, encore un beau matin, je suis de bonne humeur confiante, je me rends au rdv, avec plus de papiers qu’ils ne m'en demandent, au cas où, je suis prévoyante, la secrétaire me donne un dossier à remplir (niveau d’études, dernier emploi, emploi se rapprochant, spécialité demandée : anglais, nombre de mois au chômage sur les 36 derniers mois : 36, adresses, téléphone, n? de sécu, etc. ? et un monsieur d’une trentaine d’années vient me chercher et on va dans son bureau ; jusque là tout va bien.

Et en moins de temps qu’il n'en faut pour le dire ma belle matinée commence à tourner au cauchemar. Ce charmant Monsieur jette à peine un coup d’œil à mon CV et au dossier que je viens de remplir, me demande pourquoi je voulais faire cette formation, (question à laquelle je m’était prépare), et je lui réponds que c’est un prolongement logique de ce que je sais faire puisque j’ai enseigné l’anglais à tous les âges et tous les niveaux, que par contre pour former des adultes il est nécessaire d’acquérir des techniques de pédagogie que je ne connaît pas, qu’en plus on apprend dans cette formation à former les gens à distances, et qu’en plus il y a une période en entreprise qui n'est pas négligeable pour mettre un pied à l’étrier et je lui fais remarquer que d’ailleurs les offres d’emploi ne sont pas très visibles car je sais que ce genre de réseau fonctionne beaucoup en interne ce à quoi il acquiesce. Et là, il me dit «  vous êtes bien sûre que vous voulez faire cette formation ? » Ben oui connard je viens de t’expliquer pourquoi ! » Non seulement je suis sûre mais en plus il me semble que je pourrais diversifier les matières et justement je comptais vous demander des renseignements sur le contenu de la formation, pour savoir si on pouvait choisir plusieurs spécialités, comme français ou instruction civique, comment ?a se passait ? Parce que les infos je n’en ai pas trouvé beaucoup sur votre site Internet ? Pas moyen qu’il me réponde, un vrai politicien à la langue de bois, en fait je crois qu’il n’avait pas envie de me répondre parce qu’il avait une autre idée en tête, l'AMONT.

IL me sort qu’il faut que je fasse un travail en amont pour être bien sure que je veuille faire ce métier, que je me rende compte des réalités du travail, que je retourne à l'anpe et que je fasse un bilan de compétences. Aie aie aie la moutarde d'un coup d'un seul me monte au nez, mes pensées ne font qu'un tour, il veut m'emmerder, je ne vais pas me laisser faire, je vais défendre mon bifteck, je ne repars pas tant qu’il ne m'a pas validé mon truc?

Moi : Il est hors de question que je fasse un bilan de compétence, je déménage dans un mois je vous le rappelle, un bilan dure 6 semaines, déjà premièrement c’est techniquement pas possible dans le temps qui me reste et deuxièmement si je le fait je prends le risque qu’il n’y ait plus de place à  la formation ce qui est hors de question qu’elle me passe sous le nez ? Vous imaginez bien que le ton de ma voix a changé (plus sec, plus franc, plus décidé que jamais).

Alors je lui demande ce qu’il attend exactement de moi, ce que je dois faire et comment je peux le faire sans passer par le bilan de compétences et pour me revoir dans moins de quinze jours. «  Il faut que vous réalisiez des entretiens conseils avec des formateurs bla bla bla bla » Pendant qu’il me cause pour se répéter je réfléchis et pense qu’au final il y a peut être eu un souci avec la momie de l’anpe, qu’il ne m’a pas mise en garde, qu’il aurait du me proposer le bilan 3 semaines plus tôt, ce qui m’aurait permis de dire à ce connard ce qu’il voulait entendre pour me signer ce putain de papier, alors je me calme un peu et je lui dit « Ecoutez je vais faire ces entretiens je vais retourner voir le conseiller dès demain et j’espère qu’on pourra convenir d’un autre rdv dans quinze jours au plus tard. Ce à quoi il met une appréciation sur la feuille navette avec l’anpe, me disant qu’il va y inscrire une appréciation laconique. (J’ai failli lui demander ce que ce mot signifiait) Je suis ressortie de là dans une colère gâchant ma belle matinée ayant plus l’impression d’avoir eu affaire à un oral de philosophie de l’absurde au bac qu’à en entretien pour une formation qui est dans mes cordes, après tout je ne venais pas pour suivre une formation de conducteurs de tractopelles ou j’aurais compris qu’on me demande si j’étais bien sûre de mon projet.

Midi moins vingt, je quitte le parking et je fonce à l’anpe en voulant bouffer du conseiller, dix minutes plus tard, j’y suis, je demande à la conseillère à l’accueil un rdv avec le monsieur qui m’a remplit le papier, évidemment ! à quel sujet ?? Quand je lui explique, elle ne comprend pas pourquoi elle me dit : « mais vous avez déjà votre papier, votre validation... » Je vois que ma situation n’est pas commune puisqu’en moins de 2 minutes je suis reçue par ledit conseiller (la momie). Il ne comprend pas non plus alors je lui dis d’appeler l’afpa, ce qu’il fera dans l’après-midi pour me rappeler ensuite et me répéter la même chose que je lui avais dit le matin, la situation est celle du chien qui se mords la queue, le conseiller ne s’est absolument pas bougé le cul, il me dit que j’ai qu’à poursuivre mes démarches en Bretagne, en fait il n’a rien compris à la situation et je crois bien qu’il s’en fout.